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Réponse à EDF Énergies Nouvelles suite au reportage de France 3 sur la collision mortelle d’un aigle royal avec une éolienne du plateau de l’Escandorgue

Suite au reportage de France 3 Occitanie (sur la collision mortelle d’un aigle royal avec une éolienne du plateau de l’Escandorgue dans l’Hérault), nous souhaitons répondre à M. David Augeix, Directeur régional Sud d’EDF Energies Nouvelles qui prétend « il y a eu quelques rares cas de collision entre éoliennes et quelques individus d’espèces protégées, on reste malgré tout sur des cas isolés… ».

Contrairement, à ce que Mr Augeix affirme, de nombreux oiseaux et chauves-souris protégés sont régulièrement tués par des éoliennes partout dans le monde. Leur nombre est très hétérogène selon le parc éolien considéré, et ce d’autant qu’en France, le manque de suivi et de transparence donnent des statistiques très en-deçà de la réalité. Dans plusieurs pays européens (comme l’Allemagne, l’Espagne, la Finlande), le bilan de la mortalité publiée et observée est de l’ordre de plusieurs milliers d’oiseaux et de chauve-souris (cf. l’étude de Dürr, Tobias, 2016).

Dans une situation locale et concrète telle que celle du parc éolien d’Aumelas (Hérault), que M. Augeix ne peut ignorer puisque ce parc est exploité par EDF EN, il ressort du suivi réalisé par la LPO 34 pour le compte de EDF EN qu’au moins 33 Faucons crécerellette* (espère de rapace rare en Europe et protégée en France dont la population est estimée à 400 couples) ont été tués depuis 2010, soit plus de 4% de la population française, ainsi qu’au moins 13 Busards cendrés. L’article publié cet été par Le Monde alertait sur cette situation.

Compte tenu de ces éléments – connus de tous les intervenants sur ce dossier (EDF EN, LPO, DREAL) – les déclarations de M. Augeix relèvent de la simplification outrancière. Pour le bien de la filière éolienne, il est temps qu’EDF soit un facteur d’exemplarité et reconnaisse que certains parcs éoliens ont été aménagés au mauvais endroit. Le parc d’Aumelas, aménagé dans un site Natura 2000 désigné pour la protection de l’avifaune, en est un exemple.


 

* il s’agit des mortalités constatées, qui sont nécessairement inférieures à la mortalité réelle, puisque les suivis ne permettent pas de retrouver tous les cadavres (biais liés à la fréquence de passage sous les éoliennes, à la présence de charognards qui font disparaître les cadavres, à l’embroussaillement du sol qui réduit la possibilité de les détecter, etc).


 

Revoir le reportage vidéo de France 3 Occitanie